Communication : un besoin vital / Communication: a Vital Need

Birds_Kiss

[F]
La communication est sans aucun doute une composante de la Vie. Elle est, dans l’ordre du lien qui coordonne les cellules d’une primitive colonie de Plasmodes, une de ces compétences primordiales élues par les milliards d’années (les micro-organismes fossiles les plus anciens, découverts en Australie, sont vieux de plus de 3 milliards d’années) de la sélection naturelle. Un organisme pluricellulaire est considéré dans la biologie Darwinienne comme une société qui s’est organisée afin de garantir une meilleure survivabilité/transmission de ses gènes (Dawkins, 1976).

English here

Plus près de nous dans l’arbre des espèces, la communication est inhérente aux êtres vivants sexués car elle est toujours nécessaire à leur reproduction et en général à leur alimentation. On sait de plus (Dawkins, 1996) que les jeux de « parade » amoureuse ou de séduction garantissent que les couples ainsi formés seront plus stables et donc plus efficaces pour la transmission de leurs gènes.

Parmi les êtres vivants les espèces sociales semblent dominantes par rapport aux espèces dont les individus sont isolés, en ce sens que les premières tendent à empiéter sur les secondes. Et qu’est-ce que le lien social sinon une interaction plus ou moins fréquente entre les individus ? Ainsi les abeilles savent signaler à leurs congénères des sites de butinage intéressants, par un langage complexe fondé sur la danse.

Toutes ces sociétés se caractérisent par un échange permanent d’information entre leurs individus (en fait il existe aussi des signaux d’une espèce à l’autre, par exemple de prédateur à proie). Et cet échange d’information a pour objectif en général l’accroissement : reproduction ou consommation de nourriture [l’espèce humaine se paie le luxe d’échanger parfois de l’information (peinture, musique, danse, poésie…) juste pour la Beauté de celle-ci].

Au niveau des constituants de la matière il y a aussi un échange permanent mais il s’agit d’énergie en principe vide d’information [le débat n’est pas clos pour la physique quantique sur le rôle objectif de l’observateur dans la réduction de la fonction d’onde et donc sur la réalité (expérience du chat de Schrödinger) ; voir aussi les théories cosmologiques récentes sur le principe « Anthropique »]. Une différence importante existe avec le vivant : en effet, celui-ci s’étant organisé, pour les êtres vivants l’échange supporte une sémantique car l’émetteur veut signifier quelque chose au récepteur – et souvent en attend aussi un feed-back.

Les êtres vivants s’organisent car ils se multiplient : la Vie est en croissance, comme tous les systèmes auto organisés, au contraire de l’Inanimé, stationnaire (Corning 1998), (Barabasi 2002).

L’échange permanent d’information n’est-il pas indissociable du vivant, de même que l’échange permanent d’énergie constitue la matière (outre l’équivalence matière – énergie posée par la célèbre équation E=mc2, une particule est définie dans le modèle standard par l’interaction qu’elle supporte) ? C’est un aspect de la classique opposition esprit/matière chère aux philosophes dualistes, aux manichéens ou adeptes de la Gnose et qui, plus proche de nous, se retrouve également chez les philosophes de la Dialectique (Hegel), chez Bateson qui oppose Creatura (animé) et Pleroma (inanimé).

Energie et information sont bien sûr liées puisque cette dernière nécessite, pour son émission, sa transmission, sa réception et son interprétation, une certaine dépense énergétique. L’objectif du chercheur et de l’ingénieur est de minimiser cette dépense.

Et la capacité de représentation symbolique développée par l’humain, et donc par la Vie si tant est que l’humain en est la plus haute manifestation (Teilhard de Chardin, 1955) , va finalement dans le même sens d’optimisation économique : comment représenter, et échanger toujours plus d’information en dépensant moins d’énergie (en fait, en sous-traitant la dépense à des systèmes sophistiqués).

Et de fait, si la théorie de l’information de Shannon (Shannon, 1948) utilise une notion d’entropie, issue de la thermodynamique, comme mesure de l’information transmise, c’est qu’elle correspond à une certaine énergie ne fournissant pas de travail au sens physique :

Entropy

(Où H(x), entropie du système x, est définie comme la somme, sur tous les états possibles i de x, de la probabilité p(i) de l’état i multipliée par le logarithme de l’inverse de cette probabilité).

En ce qui nous concerne plus précisément en tant qu’êtres humains, la communication se met en place dès la première réclamation de nourriture par le nouveau-né (ce qui se passe avant la naissance entre la mère et son enfant peut sans doute également s’assimiler à de la communication). Ceci est applicable à toutes les espèces animales où les géniteurs réagissent positivement aux signaux de faim de leur progéniture (mammifères, oiseaux, certains insectes…). Cette relation primordiale constitue la base du désir de l’enfant pour le parent nourricier, ainsi que sa réciproque (Winnicott, 1958), (Klein, 1933). Elle est en fait la motivation et le contexte de l’apprentissage du langage, corporel ou gestuel, puis parlé.

Le saut par rapport aux autres espèces n’est pas que quantitatif car il s’y est rajoutée une autre dimension : celle du symbole (d’autres espèces disposent aussi de cette dimension – voir encore la danse des abeilles). Toutefois elle a chez l’humain un développement sans commune mesure.. En effet l’humain dispose – corrélativement au langage – d’une capacité de représentation symbolique, opérant à plusieurs niveaux dont l’un (au moins) demeure à jamais enfoui dans l’inconscient.

C’est sur ce terreau fertile que prospère cette toute-puissante pulsion de communication. Elle qui nous pousse à créer toujours plus de moyens de communiquer mais aussi à les (sur)charger de symbolisme.


[E]
Communication is, without doubt, a principal component of Life. From the link maintaining together the cells of a simple Trichoplax colony to an Internet forum dedicated to Peace promotion, communication is one of the main competencies (s)elected by the billion years of natural selection (the oldest micro-organisms, found in Australia, are aged of more than 3 billions years).

Natural selection favours the coordination between cells to let them associate/specialize in complex, multi cellular organisms because they have a better gene survivability/transmission (Dawkins, 1976, this point may be discussed as the virus and bacteria population is also enormous)..

Closer to us in the life tree, communication is inherent to living beings having a sexual reproduction: it is obviously required to find (with different sophistication levels) a partner. For many species communication may also improve, thanks to a social cooperation, food searching in general and more precisely hunting and obviously agriculture. What is more, love parade, seduction behaviours, tend to form stable couples and then provide a better efficiency in gene transmission (Dawkins, 1976).

Social species are dominant with respect to isolated-individual species: the former tend to win space over the latter (same discussion as in note 3). And the social link is nothing but an inter-relation between individuals. A simple yet fascinating example is the coded dance a bee performs to warn its hive sisters about an interesting nectar site.

The societies are characterised by a permanent exchange of information between their individuals. This information exchange fulfils the only Life aim: multiply.

Within the Matter also exists a permanent exchange. But here it consists of energy, theoretically information-less (there is still a debate in the Quantum Physics about the observer’s role on the wave function collapse and therefore on the Reality; see Schrödinger’s cat paradox; see also recent cosmological discussion on the “Anthropic” principle). So there is an important difference with Life. This latter is self-organised and an exchange between two living entities has a purpose: the emitter intends (consciously or, more often, without any conscious representation) to mean something to somebody, and may even waits for a feedback.

Living beings, even the simplest living entities as genes, are self-organising because they multiply: Life is in growth, at the contrary of the Matter which is stationary (Corning 1998), (Barabasi 2002) as the proverb states about the matter “Nothing disappears, nothing appears, all transforms”.

This information exchange cannot be dissociated from Life, the same manner the energy exchange is not dissociated from Matter (beside the matter-energy equivalence stated by Einstein’s E=mc2, a particle is defined in the Physics Standard Model by the interaction it represents). This is an aspect of the classical mind/matter opposition, important to dualist philosophers, manicheists and Gnosis adepts. Closer to us, it is recalled by Bateson who opposes Creatura (living) to Pleroma (non living).

Energy and Information are obviously related as the latter requires, to be elaborated, stored, transmitted, received, and finally interpreted, a certain amount of energy. And the job of researchers and engineers in many communication-related fields, for decades, consists of minimizing this amount.

Human symbolic capacity – and Life itself, supposed mankind is its highest manifestation as thought Teilhard de Chardin (1955) – is finally aimed at the same objective: how to represent and exchange more and more information without spending more energy (actually, by designing and utilizing sophisticated systems able to take the process in charge).

Actually if Shannon’s information theory (Shannon, 1948) uses the entropy, a notion coming from thermodynamics to measure the information, it is indeed because the entropy is energy without work:

Entropy

(Where H(x), entropy of system x, is defined as the sum, over all possible states i of x, of the probability p(i), multiplied by its inverse logarithm).

Concerning the human beings, communication operates as soon as a new-born claims food (what happens before birth between a mother and her child is also, without any doubt, communication. Actually this applies to all animal species where genitors positively respond to hunger signals received from their young (mammals, birds, many insects).

This primal relationship is at the core of what a young feels for its feeding parent, as well as the reverse relation where the feeding parent desires to please its young (Winnicott, 1958), (Klein, 1933). Hence it is the motivation and the background in which we learn our languages (body, gestural, spoken). This founds the expression mode for the desire.

The gap in communication skills that separates Human from other species is not only quantitative. The symbolic dimension has got, for humans, an exceptional development. Indeed, human beings are provided with, correlatively to spoken language, a huge symbolic representation ability, which, in addition and this is not its least characteristic, operates through several “levels”. One (at least) of them is unconscious.

In this context thrives our almighty communication need, constantly pushing us to create more and more communication means and to (over)load them with symbolic content. This latter aspect is especially present in virtual reality.

Communicating is fundamental to Life. Mankind never will avoid this essential compulsion and many of the refinements we develop are aimed at this single objective: being able to communicate better, more often, and with less effort.

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